Valise et miroir, et autres objets

Christian Globensky, Miroir poignées convexe, 2011 et Valise-paradis, 2004.

L’exposition “Lost Kiss” dédiée au travail de Christian Globensky, à l’Atelier des Vertus, se termine bien qu’il soit encore temps de s’y rendre. On y découvre des œuvres aux formes les plus diverses, allant du textuel aux images, du filmique aux objets. L’artiste, il y a de cela quelques années, a sollicité un programmeur afin de développer le générateur de texte dont il allait se saisir pour faire thèse. Quant aux phrases ou formules résultant de telles computations, il les archiva sans véritablement savoir si elles feraient œuvre un jour. Mais voilà qu’elles resurgissent au hasard de son travail, prenant sens du simple fait de leur exploitation artistique. Ce sont de telles “adages” que la valise verte nous délivre. Elle s’intitule “Valise-paradis” et a tout les attraits d’une valise si ce n’est qu’elle s’exprime quand on la manipule, uniquement quand on la manipule pour la porter d’un point à un autre. Sa couleur verte, sa transparence, les composants électroniques qu’elle recèle, la rendent toutefois des plus suspecte. Attention à celui qui oserait la déposer dans une gare, ou pire encore, dans un aéroport. Elle nous informe, dès lors qu’elle est portée, de la date et de l’heure de sa dernière prise en main avant de s’exprimer : « Qui voudrait encore monnayer son salut pour un mensonge métaphysique ? ». Ou quand l’absurde et le philosophique s’entremêlent entre code et langage ! Et puis il y a ce miroir dont les poignées semblent avoir servi à sa propre courbure. L’outil fait maintenant corps avec l’objet de sa déformation en témoignant, par la fusion, d’une tension passée. La valise reposée, n’est séparée du miroir que de quelques mètres. Et cette diversité, dans la proximité, révèle l’étendue des pratiques post-duchampienne dont jamais on ne se lassera.

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