Particules universelles

14_06_15

Catherine Ikam & Louis Fléri, Faces, 2014.

Les Bains Numériques proposent actuellement une série de performances et d’expositions comme au Centre des Arts d’Enghien-les-Bains où est présentée l’installation “Faces” de Catherine Ikam & Louis Fléri. Les particules de l’image ayant l’allure d’une galaxie inconnue sont renseignées par un dispositif de captation qui les assemble pour dresser le portrait de ce celle ou celui qui lui fait face. Le spectateur, ou plutôt le modèle, peut alors manipuler dans l’image le masque tridimensionnel de son visage que la machine archivera après son passage. Et ce sont les mêmes particules qui, informées autrement, se réassembleront pour représenter d’autres visages. Elles connaissent, en mémoire, toutes les positions et sauraient par conséquent dresser tous les portraits de tous les êtres humains sans se soucier des différences. Les visages apaisés par l’expérience lentement se forment. Et le noir de cette galerie de portraits se succédant est semblable aux fonds des toiles d’Antonello de Messine. Puis, les particules s’activant, les visages disparaissent progressivement comme autant de souvenirs dont les contours, avec le temps, s’estompent. Elles nous rappellent notre devenir poussière et nous encouragent par conséquent à l’humilité. Catherine Ikam, qui use des technologies de son temps pour questionner notre rapport à l’autre “Elle” (1999) ou à soi “Faces” (2014) est aussi l’invitée d’honneur du prix Opline pour l’art contemporain en ligne. La thématique de l’année “Identités multiples à l’ère du numérique” correspond tout particulièrement aux problématiques qu’elle développe dans sa pratique artistique. Car les particules de “Faces”, au travers de leurs positions dans l’espace numérique de l’image, sont à même d’endosser toutes les identités sans distinction aucune.

Ce contenu a été publié dans Non classé. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.