Home Cinema

15_03_27

Bertrand Planes Blue Screens, 2015 – Julien Maire, Formal Fiction, 2014 –
Emilie Brout & Maxime Marion, Hold-On, 2012-2013 – Laure Milena & Raphaël Elig, Memory, 2013.

La Maison des Arts de Créteil vient tout juste d’inaugurer l’exposition Home Cinema du festival Exit qui se terminera le 5 avril prochain. Le public, à l’entrée de la MAC, est accueilli par l’installation multi écrans Blue Screens conçue par Bertrand Planes. Par son titre, elle évoque autant l’écran de démarrage de Windows lorsque l’application nous suggère quelques solutions, que le domaine des effets visuels des truquistes qui pratiquent l’incrustation. La mosaïque de ciels, elle, nous renvoie à l’enfance. A la nôtre, quand nous cherchions à décrypter des représentations dans les nuages transportés par les vents. A celle des cultures numériques que les premières générations de PC, entre autres consoles, ont démocratisé dans les années 80. Car aux nuages captés par Bertrand Plane, la machine associe les signes d’une histoire écrite par des ingénieurs comme par des artistes.

Dans l’exposition du festival Exit, il est essentiellement question de cinémas dont la pluralité se conjugue avec les technologies émergentes. L’installation Formal Fiction de Julien Maire nous renvoie aux prémices animées d’un cinéma qui, plus tard, allait se découvrir une troisième dimension. Une boucle vidéo projetée représente un travailleur dont les gestes auraient été capturés avant d’être prototypés. Car ce sont bien de minuscules figurines qui, les unes après les autres, défilent dans un projecteur semblable à ceux qui nous servaient hier à projeter des diapositives Kodachrome.

Ce sont donc des allers-retours que nous propose Charles Carcopino, le curator de l’exposition Home Cinema. Sans omettre les formes amateurs de cinémas faits ou projetés “à la maison” comme c’est le cas avec Memory de Laure Milena et Raphaël Elig. Ensemble, ils ont collecté les souvenirs d’autrui pour les assembler au sein d’un dispositif proposant aux spectateurs de les éditer ou de les flouter, entre autres effets. Car les souvenirs, dans notre mémoire, lentement s’altèrent. La chronologie des actions passées évolue alors que le flou peuple nos rêves où la couleur a disparu.

Citons enfin, parmi la multitude de propositions mêlant les cinémas d’hier et l’art contemporain, celle du duo composé d’Emilie Brout et Maxime Marion : Hold-On. Leur installation nous rappelle que c’est l’industrie du jeu vidéo qui s’est accaparé l’interactivité, tant celle qui consiste à choisir les caméras que celle agissant sur la narration. Car nous jouissons enfin de la possibilité de contrôler des films d’auteur avec, seulement, une manette de jeu et quelques rares boutons. La frénésie inhérente aux enchaînements propres au jeu vidéo associés à l’esthétique de grands réalisateurs offre une expérience unique. Car il est une fois encore des œuvres qui se vivent plutôt qu’elles ne s’analysent. Il ne reste très précisément que neuf jours pour se rendre à Créteil !

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