Phophets’ Time

Jean-Benoit Lallemant, Fundamentalism, Roughness 2, 2016.

Les nouveaux prophètes, aujourd’hui, ne sont que les interprètes de paroles computationnelles. Aussi, c’est avec la précision des machines qu’ils nous annoncent des mondes meilleurs depuis la Silicon Valley. Alors que Jean-Benoit Lallemant se contente de nous donner des lectures, relativement factuelles, du monde en ce début de XXIe siècle qu’André Malraux déjà envisageait mystique. Usant inévitablement des technologies de son temps, il les additionne aux matériaux traditionnels de l’histoire d’un art intégrant les découvertes comme les innovations pour en faire parfois la critique. Au point culminant d’un affrontement entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, il en évoque les dirigeants tout en initiant de possibles réflexions que les spectatrices et spectateurs de son exposition s’approprieront. Le territoire est une des problématiques centrales de son oeuvre qui se déroule au gré des évolutions sociétales dont les médias en réseau font écho. Mais il nous apparaît à la connaissance en profondeur des pièces qui jalonnent le travail de Jean-Benoit Lallemant, qu’il est aussi question de la relation du visible à l’invisible. Quand le contrôle doit faire face à la fuite et quand les initiatives se retournent d’elles-mêmes contre celles ou ceux qui les ont mises en place. Son travail plastique aux composants qui s’entremêlent inextricablement nous révèle la complexité du monde. Les données qu’il extrait de serveurs, en se les appropriant, nous permettent de le visualiser autrement et selon des points de vue résolument contemporains.

Exposition Phophets’ Time de Jean-Benoit Lallemant du jeudi 9 novembre au samedi 23 décembre 2017 à l’Espace Julio Gonzalez d’Arcueil dans le cadre de Némo, Biennale internationale des arts numériques – Paris / Île-de-France produite par Arcadi et dirigée par Gilles Alvarez.

Ce contenu a été publié dans Non classé. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.