Artistes & Robots

Miguel Chevalier, Extra-Natures, 2018.

L’exposition Artistes & Robots considérant l’usage, en art, des machines et du code que les Galeries Nationales du Grand Palais présenteront du 5 avril au 9 juillet 2018 est particulière à bien des égards. Tout d’abord parce qu’elle est à l’initiative d’un artiste qui n’est autre que Miguel Chevalier qui a consacré, jusqu’ici, sa carrière au virtuel et aux interfaces. Ce dernier, comme conseiller artistique, a su s’entourer de l’historienne de l’art Laurence Bertrand Dorléac et du commissaire d’exposition Jérôme Neutres. Et c’est ensemble qu’ils ont conçu cet événement questionnant les relations qu’entretiennent les artistes aux robots de toute nature. L’exposition structurée en trois parties s’ouvre sur l’œuvre historique CYSP 1 de Nicolas Schöffer. Datant de 1956, elle est aujourd’hui considérée comme la toute première installation interactive de l’histoire de l’art puisqu’elle réagissait déjà aux variations de sons comme à celles de lumières ou couleurs. Il aura donc fallu une soixantaine d’années pour que des institutions comme le Grand Palais considèrent enfin les apports essentiels du médium numérique dans l’art contemporain. La première partie de l’exposition Artistes & Robots qui, à n’en pas douter fera date, rassemble des “machines à créer” où les artistes, ayant envisagé des situations en scénographiant leurs machines acceptent qu’elles créent en leur absence. Spectatrices et spectateurs parachevant ces mêmes installations performatives de leurs commentaires inattendus. Il est davantage question, avec la seconde partie de cette exposition dédiée aux “œuvres programmées”, des codes ou langages que des artistes-programmeurs, comme cet autre pionnier Manfred Mohr, écrivent pour que des machines les interprètent. Ou quand la computation fait art en calculant des œuvres qui s’inscrivent dans la continuité d’une histoire de l’art qu’elles n’ont de cesse de renouveler à l’ère du tout digital. L’intelligence artificielle, car elle ne pouvait être absente de cette exposition, est très largement évoquée au sein de la troisième partie d’Artistes & Robots. Aux côtés des incontournables Stelarc ou ORLAN, on remarque la présence d’une sculpture, Sans Titre (2016), de l’artiste Takashi Murakami dont on sait la reconnaissance au sein de la sphère de l’art contemporain à l’international. Ne serait-ce pas là la preuve par l’œuvre de l’intérêt que portent les grands artistes contemporains sur les grandes questions de leur temps. Notons enfin l’existence d’un catalogue poursuivant parfaitement l’expérience de l’exposition Artistes et Robots. Celui-ci ayant Visage en nuages de points (2017) de Catherine Ikam & Louis Fréri pour couverture. Il est conclu, en dernière de couverture, avec quelques questions dont « Un robot peut-il avoir de l’imagination ? ». A la réponse par la négative que pourraient encore donner aujourd’hui bien des chercheurs en intelligence artificielle, nous préférerons relire Philip K. Dick !

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